Janis, rencontre avec sa soeur Laura Joplin - Jeanne-Martine Vacher
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10 Mai 2015

Janis, rencontre avec sa soeur Laura Joplin

1Texas-me-voila

« Hier ne finira que demain… »

1 p.m.

Elles sont là, inertes.

Une petite paire de lunettes rondes, dépouillées de leurs verres, sorties d’une boîte en carton où s’entassent pêle-mêle : vieilles cartes de crédit, papiers, objets épars, et un bracelet en perles rouges, surmonté d’un petit cœur ébréché…

Laura Joplin, face à moi, me dit avec un sourire indéfinissable : « Vous ne voulez pas les regarder, les toucher ? » Dans mon esprit se télescopent toutes les photos de Janis avec ses lunettes rondes, aux verres roses ou bleus, portées sur le bout du nez, comme un maquillage, un soupçon de vulnérabilité, une plaisanterie… Laura répond à la question que je n’ai pas posée : « Je crois que c’étaient celles aux verres bleus. »

Sous son regard précis, intense, si semblable à celui de Janis, je me force à l’impassibilité. Peur d’être submergée par cette émotion brutale, désarmée, née de ma rencontre fortuite avec une paire de lunettes !

Laura se lève et me demande de la suivre. Nous traversons une grande cuisine, descendons un petit escalier qui conduit au sous-sol, arrivons dans une sorte de débarras devant une très grande et vieille armoire coffre-fort, comme sortie de la chambre forte d’une banque d’un western des années cinquante.

Elle tourne une roue, la porte s’ouvre sur des dossiers, d’autres objets, elle attrape un grand livre vert, parcheminé, de 40 cm sur 40 cm, me le tend et dit :

« Voilà l’album-souvenir qu’elle s’était fait dès le tout début de sa carrière. »

De retour au salon, je pose le livre sur la table à côté du carton, des lunettes et du petit bracelet et j’ouvre, doucement, cette partition d’elle-même qu’elle a composée, annotée, collée au fil de sa gloire naissante, comme une succession d’émerveillements, de points d’exclamation.

Premières coupures de presse. Sur l’une d’entre elles, son nom, alors presque inconnu, est mal orthographié : Janyce Joplin.

Une très belle lettre de son père. Il lui dit qu’il accepte le choix qu’elle a fait de sa vie. En dessous, elle écrit :

« I return to San Francisco to meet… »

Son thème astral : True local time 8 h 41.

Un télégramme de ses parents, félicitations au lendemain du festival de Monterey : « The real Queen of the festival… » Elle commente de sa main :

« Dream came true in Monterey ! »

Un poème d’amour offert par une main anonyme à la fin d’un concert : « Janis Joplin Blues »…

Une étiquette de fleuriste : « Sunset Floral Company… »

Une lettre de John Henry Overall III…

« JANIS JOPLIN, our rock artist, gets New York rave… »

Elle écrit en dessous : « Port Arthur News ! », c’est le journal de sa ville natale.

Demain, je m’envole pour Port Arthur.

Premiers pas à Port Arthur, ville fantôme, à la recherche d’une Janis Joplin en moi bien vivante

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